jeudi 28 octobre 2010

Climat: Le rapport de l'Académie des Sciences enfin dévoilé

L'Académie des sciences a tranché. Dans un rapport de treize pages remis ce matin à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, l'institution estime que la hausse du CO2, liée aux activités humaines, est la cause principale du réchauffement. Claude Allègre parle de « compromis ».

Saisie au printemps par 600 chercheurs français travaillant dans le domaine du climat, Valérie Pécresse avait chargé l'Académie d'organiser une confrontation entre les climatologues et leurs opposants et d'en tirer des conclusions. Ce qu'elle a fait, à huis clos, le 20 septembre dernier.

Quarante-deux orateurs, disposant de sept minutes et cinq diapos chacun pour s'exprimer, se sont donc succédé sous la coupole, afin d'exposer l'état des connaissances et des incertitudes sur le réchauffement climatique. Le débat était ouvert à l'ensemble des disciplines : climatologie mais aussi mathématiques, physique, mécanique, sciences de l'univers, chimie, biologie et sciences médicales.

Conclusion des experts : « Le réchauffement de la planète s'est bien accéléré entre 1975 et 2003 et la cause en est l'augmentation de la concentration du CO2 dans l'atmosphère », résume Jean-Loup Pugel, le rapporteur. Consensus supplémentaire : le cycle solaire peut avoir joué un rôle dans le réchauffement observé, mais si tel est le cas (les mécanismes restant à prouver), il n'a pu être que mineur, contrairement à ce que défendent les climato-sceptiques.

« Ce document réaffirme clairement les grandes conclusions du Giec », se félicite le climatologue Jean Jouzel, qui le copréside. « Il doit constituer le point de départ d'une réflexion nationale pour rétablir la confiance entre les scientifiques et la société, et donner une nouvelle dynamique au Grenelle de l'environnement. »

Valérie Pécresse a promis hier des moyens : « Les investissements d'avenir sont une opportunité majeure pour renforcer la recherche sur le changement climatique, et ce rapport sera un outil de pilotage de nos choix de financement. » Des incertitudes demeurent en effet sur la compréhension des mécanismes complexes du climat, notamment sur l'effet des glaces polaires et de la réflexion nuageuse sur le réchauffement. « C'est précisément ce que je dis, a insisté jeudi Claude Allègre qui a malgré tout signé le rapport de l'Académie (voté à l'unanimité), qualifié de « compromis ». Il y a de grandes incertitudes sur l'avenir du climat et le rôle exact du CO2 et du soleil n'est pas démontré », a-t-il souligné. La polémique ne fait peut-être que rebondir.



EN PLUS: Rapport (pdf) et communiqué de presse (pdf) de l'Académie des Sciences




















1 commentaires:

  1. Le rapport de l'Académie est un texte rédigé avec de grandes précautions, pour synthétiser des exposés et des contributions émanant de scientifiques qui sont en désaccord sur la nature,l'importance et la durée du réchauffement climatique. Il apparait que son objectif était d'apaiser le conflit né de la plainte de 600 professionnels du milieu de la recherche climatique contre ceux qui mettent en doute les travaux auxquels ils collaborent.

    Ce rapport n'avait pas pour objectif de faire un état de la science climatique, encore moins de trancher dans un débat devenu conflictuel, et biaisé par la pression de milieux économiques, idéologiques et politiques. Il apparait que le but des académiciens était de clore un épisode fâcheux pour la science française, et ils y sont parvenus.

    Ce qui est en cause, c'est moins la "vérité" scientifique, que l'exploitation économique et politique d'un changement climatique bien mal évalué à ce jour. Il est essentiel que des hommes et des femmes de science s'opposent à cette exploitation.

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