lundi 27 décembre 2010

Vincent Courtillot: "Nous avons instillé le doute" (audio)

Le 29 novembre dernier, Vincent Courtillot était interrogé lors d'un reportage diffusé dans le journal de 20h de France 2. Intitulé "Bataille d'experts sur le réchauffement climatique", le reportage peut être visionné en totalité ici, mais la voix-off du journaliste a bizarrement disparu.

Voici, reproduite ci-dessous, l'intervention de Vincent Courtillot (20 secondes).      

Vincent Courtillot au ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur

Directeur de la Recherche, professeur à l’Université Paris 7 et à l’Institut universitaire de France, Vincent Courtillot répondait en 2001 aux questions de l'université Paris 7 - Denis Diderot et esquissait alors un bilan de la Recherche et de l'Enseignement supérieur (1997 – 2000).

Liste des questions posées:

1 - Comment êtes-vous arrivé au ministère ?
2 - Quelle a été votre grande priorité ?
3 - Comment voyez-vous les rapports entre recherche et enseignement supérieur ?
4 - Et l'harmonisation des études en Europe ?
5 - Quelle place pour le doctorat et les docteurs ?
6 - Parlez-nous de la politique contractuelle, …
7 - Et le CNRS ?
8 - Quelles grandes orientations pour la recherche ?
9 - Comment financer ces orientations ?
10 - Quoi de neuf pour l'Île de France et les régions ?
11 - Où en sont les autoroutes de l'information et de la recherche ?
12 - Comment atteindre le grand public ?
13 - L'international ?
14 - Quelle place pour les femmes ?
15 - Que reste-il à faire ?
16 - Et maintenant ?

Pour consulter les réponses de Vincent Courtillot, cliquez ici ou ici (pdf).
  

« Les sismologues sont incapables de prédire l'instant précis d'un séisme »

Voici une interview accordée par Vincent Courtillot au magazine Le Point et publiée le 21 janvier 2010.

« Les sismologues sont incapables de prédire l'instant précis d'un séisme »

Vincent Courtillot : Pas du tout. Ils savent depuis longtemps que c'est une zone à aléa. De nombreuses études ont porté sur les failles traversant l'île d'Hispaniola. Le dernier grand tremblement de terre ayant dévasté cette zone précise datait de 1770. Ce qui signifiait que les contraintes s'accumulaient depuis deux cent quarante ans. Une conférence a même eu lieu à Port-au-Prince en 2008 pour prévenir les autorités qu'un séisme de magnitude supérieure à 7 avait toutes les chances de se produire. Simplement, les sismologues étaient incapables d'en prédire l'instant précis, utilisable par exemple pour une évacuation.

Une secousse aussi destructrice peut-elle se produire dans les Antilles françaises ?

Absolument ! Il y aura un tremblement de terre, et sans doute plus fort, même si son foyer sera plus lointain. Le dernier ayant frappé la Guadeloupe date des années 1840, sa magnitude était de 8, et il était accompagné d'un raz de marée. Cela se reproduira inévitablement un jour. Mais quand ? Dans deux ans ou dans cinquante ans ? On ne sait pas le dire ! Nous sommes ici, comme à Haïti, dans ce que nous appelons un « gap sismique ». C'est-à-dire une zone de failles bloquée depuis longtemps. A l'est, au large de la Guadeloupe, le blocage existe maintenant depuis cent cinquante ans, ce qui est déjà important. Les contraintes souterraines augmentent régulièrement, jusqu'au jour où cela cédera...

Les autorités sont-elles prévenues ?

Bien évidemment, les directeurs successifs de l'Institut de physique du globe ont écrit à plusieurs reprises aux ministres et aux préfets concernés pour leur rappeler l'importance de multiplier les constructions parasismiques. Par exemple, notre observatoire volcanologique et sismologique de la Martinique va être bientôt reconstruit aux normes parasismiques avec le soutien des collectivités locales.

Y a-t-il de nombreux gaps sur terre ?

Nous en connaissons quelques dizaines répartis dans les principales zones sismiques aux frontières des plaques, comme la célèbre ceinture de feu du Pacifique. Par exemple, nous savons qu'un jour ou l'autre la faille nord-anatolienne, qui passe au sud d'Istanbul, va casser après un long blocage. Les dégâts risquent d'être énormes.

Comment se fait-il que toute prédiction soit impossible ?

Les mécanismes de rupture d'une faille sont très complexes et il est possible qu'un séisme se déclenche sans aucun signe avant-coureur pour des raisons physiques fondamentales. Les sismologues y travaillent naturellement. Certains observateurs ont cru reconnaître des signes précurseurs, mais aucune méthode ne s'est révélée opérationnelle. On sait maintenant par exemple que la fameuse méthode VAN, développée par des scientifiques grecs, est sans fondement scientifique sérieux. Ses concepteurs pensaient pouvoir déceler des anomalies électriques précurseurs des séismes. Mais un géophysicien français de Grenoble a montré que les prédictions de VAN faites une certaine année avaient le même taux de succès si on les appliquait à l'année suivante : donc le même succès à peu près que des dés lancés au hasard ! Les Chinois ont remarqué dans les années 70 le comportement anormal de certains animaux avant un séisme. Comme l'agitation de poissons rouges ou de serpents en plein hiver. On a depuis montré que les comportements anormaux d'animaux étaient à peu près aussi fréquents en l'absence de séisme.

Alors, il n'y a rien à faire ?

Aujourd'hui, les scientifiques restent très prudents. Surtout après la mésaventure d'un sismologue américain qui avait prédit, voilà quelques années, un gros séisme en Californie. On l'a accusé d'être responsable d'une chute des prix de l'immobilier et cela lui a valu plusieurs procès. Cela dit, depuis la révolution de la tectonique des plaques, on a beaucoup avancé : on comprend maintenant où se localisent les séismes, où il ne risque pas d'y en avoir, quelle taille ils auront... Il nous reste toujours ce blocage de l'instant exact.

Faudrait-il investir davantage d'argent dans la recherche sismolo­gique et moins dans la recherche climatique ?

En tant que directeur de l'Institut de physique du globe, j'aurais tendance à dire qu'avec plus d'argent nous pourrions obtenir encore de meilleurs résultats dans notre domaine, celui de la terre solide, des sols et des interfaces entre la terre, l'air et les eaux. Nous ne sommes pas un institut de recherche atmosphérique et climatologique, même si récemment un certain nombre d'entre nous ont fait quelques incursions remarquées dans ces domaines. Je me bornerai à dire que financer les travaux sur le réchauffement climatique tel que croit le comprendre le Giec n'est sans doute pas une allocation optimale des ressources. Je pense qu'il faudrait consacrer davantage d'argent à des problèmes bien réels et actuels comme l'accès à l'eau potable, le traitement des déchets et la faim dans le monde.
  

dimanche 26 décembre 2010

Interview de Vincent Courtillot

A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage « Nouveau voyage au centre de la Terre » (septembre 2009 - Odile Jacob) dans lequel il remet en cause les conclusions du GIEC sur le réchauffement climatique, Vincent Courtillot répond aux questions du site Enviro2B. Interview réalisée le 5 octobre 2009.

Enviro2B. Géologue reconnu, pourquoi vous intéressez-vous à la question climatique depuis quelques années ?

Vincent Courtillot. Je suis géologue, spécialiste de la terre interne et ce qui me passionne c’est la dérive des continents, le noyau, le champ magnétique. Au cours de mes études, je me suis aperçu que l’atmosphère était très fortement influencée par la terre solide. A l’origine, l’atmosphère est avant une production de la terre solide.

Etudiant les rapports entre le magnétisme et le soleil, je me suis aperçu qu’il existait des tas d’indicateurs qui suivaient de manière remarquable les variations du soleil depuis 100 ans, et c’est à ce stade que nous nous sommes aperçus qu’il existait une forte corrélation avec la courbe des températures au cours de cette même période.

A quelques semaines du Sommet de Copenhague, vous affirmez que la température moyenne baisse depuis 1998, simple provocation ou vraie révélation ?

C’est vrai. Pour le vérifier, il suffit d’aller sur le site web de l’agence météo britannique et des laboratoires qui fournissent les principaux indicateurs climatiques utilisés notamment par le GIEC. On constate que ces courbes actualisées tous les mois, bougent énormément, avec une importante variabilité de la température. Toujours est-il que la température baisse bien depuis 10 ans.

Mais le climat étant défini comme la moyenne de la météorologie sur 30 ans, cette période de 10 ans est encore trop courte pour être certain qu’il s’agit bien d’un changement climatique. Mais en lissant les courbes sur 30 ans, on s'aperçoit que la température était plus faible en 1900 qu’en 2000. Il y a donc bien eu un réchauffement global très faible, de 0,7°C entre le début et la fin du 20e siècle.

On peut donc bien parler de réchauffement climatique au cours du 20e siècle...

Pour constater cette évolution, il suffit de regarder cette courbe depuis 1900, qui n’est pas exponentielle, et qui ne ressemble pas à la courbe du CO2. En gros, la température a monté de 1900 à 1930-1940. Elle a descendu de 1930-1940 à 1970. Elle a monté de 1970 à 1998 qui est l’année la plus chaude du 20e siècle. Et la température descend légèrement depuis 10 ans, c’est-à-dire depuis 1998.

Ca ne veut pas dire que la température ne va pas recommencer à monter, ça veut simplement dire que la courbe de la température n’a pas la forme d’une courbe exponentielle qui monte. Pourquoi, la planète s’est refroidie entre 1930 et 1970 alors que nous dégagions plus de gaz carbonique à cette période qu’avant 1930, et pourquoi la température moyenne s’est arrêté de monter depuis 10 ans ?

Pourquoi affirmez-vous que le soleil joue un rôle majeur dans le changement climatique ?

Qu’a fait le soleil au cours du 20e siècle ? Il a monté de 1900 à 1930, il a descendu de 1930 à 1970, il a monté de 1970 à 1998-2000, et il descend depuis 10 ans. Tous les physiciens du soleil, qui parlent peu aux climatologues, le savent très bien et confirment que le soleil semble rentré dans une période de calme extraordinaire. Or, quand avons-nous connu une période calme de ce type avec le soleil ? C’était au 17/18e, lors d’une période qu’on a appelé le minimum de Maunder, ce que Le Roy Ladurie, a baptisé le petit âge glaciaire.

Les physiciens du soleil ont découvert que le soleil connaît des cycles de 30 à 60 ans, alternativement forts et faibles. Ils affirment que le soleil est rentré dans une phase exceptionnellement faible qui devrait durer 20 à 30 ans. Si les physiciens du soleil ont raison et si j’ai également raison de relier cela à la température, tout en variant énormément d’une année sur l’autre, avec des années chaudes et des années froides, la lente baisse de la température moyenne amorcée depuis 10 ans devrait continuer. Cette tendance devrait s’inverser par la suite dans 10 à 20 ans.

Considérez-vous que les émissions de CO2 comme anecdotiques dans le changement climatique ?

Nous savons qu’une corrélation ne démontre rien, mais le fait que la courbe des températures ressemble plus à la variation du soleil qu’à la courbe du CO2 nous a fait pensé depuis 3 ans que tout le monde avait peut-être trop sur-estimé le rôle du CO2, ce qu’il ne veut pas dire qu’il n’en ait pas, et qu’on avait sous-estimé le rôle du soleil. Nous avons aujourd’hui publié 6 articles sur cette question dans des revues scientifiques internationales.

Plus on travaille sur cette corrélation et plus nous nous apercevons que nous avions manqué des évidences extraordinaires. Le soleil s’exprime dans la température, dans les vents, dans les précipitations, dans tout un tas d’indicateurs climatiques. Au bout de trois et demi de recherches, nous confirmons que, bien que le mécanisme n’ait pas été encore totalement compris, et cela arrive fréquemment en sciences, on pense qu’on sur-estime considérablement le rôle du CO2, qui certes aide à réchauffer mais pas autant qu’on le dit.

Vos travaux remettent en cause directement les conclusions du GIEC, qui font pourtant référence dans le monde entier…

Si vous superposez la courbe de la température aux prédictions du GIEC datées de seulement 2 ans, on constate déjà un demi degré d’erreur, c’est-à-dire pratiquement la valeur de tout le réchauffement du 20e siècle. Une grande partie des prédictions du GIEC n’est pas basée sur des observations, mais sur des modèles informatiques, ce qui peut conduire à de graves déconvenues.

Lors les membres du GIEC ont affirmé qu’ils étaient sûrs à 90% que le CO2 humain est la cause du réchauffement climatique, je prétend que cette croyance, malheureusement très majoritaire, est fausse. Aucune découverte importante du 20e siècle n’a été révélée dans le consensus. Au contraire, les grandes découvertes naissent tout d’abord en étant minoritaires parce qu’elles représentent un rupture par rapport à la pensée commune.

La science est naturellement conservatrice et c’est normal. Pour que cette vision change, il faut arriver à convaincre et cela prend du temps.

Notre planète a-t-elle connu des périodes aussi chaudes que ce siècle dernier ?

Quand on nous dit qu’il n’a jamais fait aussi chaud qu’à présent, c’est absolument faux. Il a fait aussi chaud qu’aujourd’hui trois ou quatre fois, dans les mille dernières années, et en particulier vers l’an 1000, ou le Groenland était vert, où il y avait beaucoup moins de glace que maintenant, où les passages du nord-est et du nord-ouest est probablement ouverts, etc.

Comme le climat doit être analysé sur une échelle d’au moins 30 ans, on ne peut malheureusement pas affirmer des choses sérieuses sans ce recul qui est incompatible avec le rythme médiatique. Il y a par exemple aucune preuve d’augmentation des phénomènes climatiques extrêmes, comme le laissent entendre de nombreux médias.

Si on s’intéresse à la température sur 1 000 ans maintenant, période à laquelle s’est intéressée Michael Mann, on obtient une courbe assez chaude en l’an 1000, qui descend en bougeant un peu jusqu’en 1870, pendant 900 ans, la température descend doucement, et tout d’un coup, depuis 1870 ça remonte jusqu’aux valeurs actuelles. Cette courbe ressemble exactement à une crosse de hockey, d’où son nom.

Elle a été utilisée pour les rapports du GIEC. Le problème, qui a été publié dans Nature en 2007, et cette année par un suédois grâce à un travail remarquable, c’est qu’avant de bénéficier de données précises sur la température au 20e siècle grâce au thermomètre, on utilisait les anneaux d’accroissement des arbres pour estimer la température. Et cette technique a donné lieu à un artefact, avec une sur-estimation de la température.

On s’aperçoit en effet que l’impression d’accélération de réchauffement extraordinaire et sans précédent est le résultat d’une erreur d’interprétation des anneaux des arbres. Je ne comprends pas pourquoi les gens continuent à ignorer cette découverte, qui est pourtant parue dans la littérature scientifique.

Et les courbes en dents de scie utilisées par le GIEC pour illustrer ce réchauffement ?

Jean Jouzel (NDLR : membre du bureau du GIEC) a été pendant des dizaines d’années, un ami et un collègue que j’estime. Il a contribué à des avancées majeures sur le gaz carbonique et la température dans les glaces de l’Antarctique qui resteront marquantes dans l’histoire. Les courbes en dents de scie de la température et du gaz carbonique révélées par Jean Jouzel se ressemblent effectivement énormément toutes les deux. D’où l’idée qu’on a laissé se répandre dans les esprits que le gaz carbonique pilote la température.

Pourtant c’est faux. Le plus fort, c’est que cela a été démontré dans un papier dont Jean Jouzel en est co-auteur. En améliorant leurs données, ils ont montré que c'est la courbe du CO2 suit la courbe de température, avec un retard de 1 000 ans. C’est donc la température qui pilote le gaz carbonique et non pas l’inverse.

Cela ne veut pas dire que le gaz carbonique produit par l’homme ne réchauffe pas. Cela veut dire que prendre les fameuses courbes en dents de scie pour l’explication de ce réchauffement c’est prendre le raisonnement à l’envers. Les deux courbes qui figurent en bonne place dans le rapport du GIEC, la courbe en forme de crosse de hockey de Mann et celle en dents de scie de Jouzel sont respectivement fausses et utilisées à l’envers. C’est incroyable mais c’est comme cela.

Avez-vous le sentiment de prêcher dans le désert ?

Les scientifiques nous prêtent une oreille de plus en plus attentive depuis 3 ans. J’ai découvert qu’il existe des dizaines d’éminents climatologues dans le monde entier, comme Richard Lindzen par exemple, qui pensent la même chose que nous, parfois depuis plus longtemps. Mais il existe une telle chape de plomb au-dessus de la tête de ceux qui osent défendent cette thèse que beaucoup de scientifiques ont peur d’en parler.

Au cours de ma carrière, j’ai été amené à démontrer qu’un volcanisme gigantesque était très probablement responsable d’une extinction en masse d’espèces dont les dinosaures. Depuis, cette théorie a été confirmée pour devenir générale et admise un peu partout dans le monde, et se substituer à celle de l’astéroïde, mais cela a pris du temps.

Comment expliquez-vous cette difficulté de populariser votre théorie scientifique ?

Le réchauffement climatique, les OGM, les antennes relais téléphoniques, etc. connaissent un traitement médiatique très semblable, avec un coupure entre les scientifiques d’une part, et des gens qui s'apparentent à des croyants. La discussion sur le réchauffement climatique a complètement échappé aux scientifiques pour devenir un débat quasi religieux. Je pense qu’il y a quelques siècles, on m’aurait déjà brûlé.

Une des vertus essentielles de la science doit être la tolérance et la diversité. Il faut accepter la diversité des idées. Les débats sont toujours fructueux en science. On entend actuellement des gens très bien nous dire que le débat est clos. Que Al Gore, Michel Rocard, Nicolas Hulot ou Nicolas Sarkozy qui n’y connaissent rien disent cela, on peut penser qu’ils sont mal conseillés. Qu’un scientifique comme mon ami Jean Jouzel, ou mon ami Le Treut que j’estime beaucoup car il accepte le débat avec élégance et modération, agissent de la sorte, c’est plus difficile à comprendre.

Vous êtes collègue et ami avec Claude Allègre qui irrite la plupart des écologistes. Est-il un provocateur patenté ou le porte-parole courageux d'une science peu médiatisée ?

Un peu les deux. Je crois le connaître particulièrement bien. C’est un scientifique extraordinaire, comme j’en ai rarement rencontré dans ma vie. Malgré un style parfois rugueux, c’est une fontaine d’idées, dans tout un tas de domaines, au-delà de la géochimie qui est sa discipline d’origine.

Sur le fond, je pense qu'il a globalement raison. Bien qu’homme de gauche, j’avais l’espoir qu’il soit entendu du Président de la République. Je pense qu’il l’a été pendant un certain temps. Mais Nicolas Sarkozy est avant tout un homme politique. Entre Claude Allègre et Nicolas Hulot, il n’a pas hésité et choisi Nicolas Hulot comme conseiller scientifique plutôt que Claude Allègre. C’est plus populaire.

Avez-vous le sentiment que les gens commencent à s’intéresser à votre travaux ?

Visiblement, mon éditeur m’indique le livre reçoit un bon écho auprès des lecteurs, au cours des conférences que je donne, j’ai l’impression que les gens s’interrogent et sont plus curieux. Mais je ne me fais pas d’illusion, on a été si loin dans cette nouvelle religion qu’il faudra des années pour qu’on décroche de cette pensée scientifique dominante.

Mais à côté de cette question climatique, je considère qu’il existe de très graves questions écologiques à régler dans le monde, dont les deux plus urgentes sont l’accès à l’eau potable, et le traitement des déchets industriels, avec une population croissante de plus en plus urbaine. Ces deux problèmes sont majeurs et on n’investit pas dessus car tous les politiques et les médias sont obsédés par le réchauffement.
  

mardi 21 décembre 2010

Documentaire de la BBC avec Vincent Courtillot (vidéo)

95 % des espèces vivantes sur Terre ont subitement disparu il y a 250 millions d’années. Qu’est-ce qui a provoqué cette catastrophe ? Une enquête captivante qui plonge au cœur de l’histoire géologique de notre planète.

On s’est beaucoup interrogé sur les raisons de la disparition des dinosaures il y a environ 63 millions d’années. On ignore souvent qu’une crise beaucoup plus grave a eu lieu à la fin de la période permienne, il y a 250 millions d’années. En quelques centaines d’années, 95 % des espèces vivantes (et notamment les ancêtres des dinosaures) ont brutalement été rayées de la surface de la Terre. Ce fut l’extinction la plus spectaculaire de l’histoire de notre planète. Pour beaucoup de scientifiques, c’est le principe même de la vie sur Terre qui a failli être remis en cause. Jusqu’à présent, malgré des années de fouilles, personne n’avait pu expliquer les causes de cette catas-trophe. Mais des géologues ont récemment émis de nouvelles hypothèses…

Le monde perdu

Il y a 250 millions d’années, la planète Terre était florissante. De grands mammifères vivaient dans un climat stable, pourvus d’une végétation abondante. Des images de synthèse permettent de découvrir ces étonnants animaux, lointains ancêtres des dinosaures. Qu’est-ce qui a bien pu entraîner leur disparition subite ? Longtemps, l’hypothèse admise était celle d’une collision entre la Terre et un énorme astéroïde – plus gros encore que celui qui provoqua l’extinction des dinosaures. Mais nulle part on ne trouve trace d’un cratère suffisamment grand… Un chercheur français a lancé une autre idée : la région qui équivaut à l’actuelle Sibérie abritait un très grand nombre de volcans. Peut-être y a-t-il eu une éruption simultanée, et particulièrement longue ? Mais cela aurait-il suffi à entraîner une telle catastrophe ? Ne faudrait-il pas plutôt chercher l’explication du côté d’un réchauffement climatique ? Dans la communauté scientifique, le débat est loin d’être tranché. Le documentaire met en parallèle les différentes thèses et, à la manière d’une enquête à rebondissements, retrace l’histoire géologique de notre planète.

Ci-dessous, le documentaire en français (48 minutes) intitulé "Le jour où la Terre faillit disparaître" et diffusé pour la première fois en décembre 2002 sur la chaine britannique BBC puis sur Arte en 2005.



Pour visionner le documentaire en anglais, cliquez ici.
  

vendredi 17 décembre 2010

Réaction de Vincent Courtillot au sommet de Cancun sur le climat

Vincent Courtillot a réagi, ce vendredi sur l'antenne de France Inter, à l'accord signé il y a une semaine au sommet sur le climat de Cancun.


"Il y a là un très bon exemple de l'interaction, pour ne pas dire mélange, pour ne pas dire conflit, entre la réflexion scientifique et l'action citoyenne et l'action politique."

"Il ne s'y est pas passé grand chose. Il n'y a pratiquement eu aucune décision réelle conduisant à une action pratique. Il y a par contre eu un ensemble d'affirmations destiné d'une part à effacer un peu le souvenir de l'échec de Copenhague et donner à ceux qui le souhaitent de l'espoir pour le prochain sommet."

Pour écouter l'émission "Les grosses têtes au carré" diffusée sur France Inter ce vendredi, cliquez ici.
  
PS: En fin d'émission, Vincent Courtillot a qualifié les blogs qui lui sont consacrés d'"assez étonnant et amusant à suivre".
  

Vincent Courtillot dans "Les grosses têtes au carré" sur France Inter II (audio)

Vincent Courtillot était l'invité de l'émission "Les grosses têtes au carré" diffusée sur France Inter, ce vendredi 17 décembre.

Quelques jours après la fin du sommet de Cancun, Vincent Courtillot évoque le débat scientifique qui oppose les hypothèses anthropique et solaire sur la question climatique.

Etaient également invités: Pierre Henri Tavoillot (philosophe) et Bertrand Monthubert (mathématicien).

Pour réécouter l'émission (55 minutes), cliquez ici.
     

jeudi 16 décembre 2010

Vincent Courtillot et la Global Warming Policy Foundation (GWPF)

Vincent Courtillot est membre depuis mars 2010, du think tank britannique Global Warming Policy Foundation (GWPF), dont l'ambition est de contribuer à "rééquilibrer" le débat scientifique et médiatique sur le réchauffement climatique.

Il siège entre autres, aux côtés du climatologue du MIT, Richard Lindzen (au milieu), au sein du Conseil Académique du GWPF.

Fondée en novembre 2009 par l'ancien chancelier de l’Échiquier de Margaret Thatcher entre 1983 et 1989, Nigel Lawson (à gauche), l'organisation est dirigée par Benny Peiser (à droite), anthropologue, professeur à la Faculté des Sciences de l'Université de Liverpool et fellow à la Royal Astronomical Society.


Vous pouvez lire sur son site (en anglais), une interview du scientifique (ici) et deux textes consacrés au débat organisé par l'Académie des sciences sur la question du réchauffement climatique (ici et ici).
  

mardi 7 décembre 2010

Temps long et échelles emboîtées dans l'histoire de la Terre (audio)

Voici une conférence de Vincent Courtillot prononcée lors d'un colloque organisé à l’Ecole Normale Supérieure de Paris (ENS) les 25 et 26 septembre 2008 par le collectif Histoire et philosophie des sciences et intitulé Temps long : De la physique aux sciences humaines.

Le temps est habituellement considéré sous deux angles : l’instant et la durée, le premier sans épaisseur, la seconde sans origine. La théorie des systèmes dynamiques, initiée par Poincaré, a fait entrevoir une troisième dimension, celle du temps long, potentiellement infini. Mais qu’en est-il également de la présence et du traitement du "temps long" dans d’autres disciplines, des sciences de la terre et de la biologie à la psychologie et à l’histoire ?

Datée du 26 septembre 2008, la conférence est intitulée "Temps long et échelles emboîtées dans l’histoire de la Terre".

Pour écouter la conférence, cliquez ici et attendez quelques secondes.

mercredi 1 décembre 2010

Vincent Courtillot et Hervé le Treut à propos du GIEC (audio)

Débat entre Vincent Courtillot et Hervé le Treut (photo), climatologue et directeur de l'Institut Pierre-Simon Laplace, sur RFI, le lundi 30 août 2010. L'émission (16 minutes) est intitulée "Climat : faut-il faire confiance au GIEC ?"