samedi 25 février 2012

Vincent Courtillot reçoit la médaille Arthur Holmes 2012

Malgré les pressions de certains chercheurs, l'European Geosciences Union (EGU) a décerné la médaille Arthur Holmes 2012 au géologue Vincent Courtillot pour son travail sur le géomagnétisme.

Journaliste scientifique au quotidien Le Monde, Stéphane Foucart faisait état en novembre dernier de menaces de boycott contre l'EGU, précisant que "les objections soulevées par ses adversaires sont d'ordre éthique." Il écrivait sur twitter :


Toujours sur twitter, Stéphane Foucart annonçait finalement le 22 février la remise du prix à Vincent Courtillot :


Sur son site, l'EGU rappelle les travaux et découvertes de Vincent Courtillot :

Like Arthur Holmes, Vincent Courtillot is a brilliant, integrative, and visionary thinker whose work has had great influence across the Earth Sciences. His work has offered original solutions to a wide range of fundamental, longstanding problems in the solid-earth geosciences. Examples of his contributions include discovery of sharp accelerations (“jerks”) in the secular variation of the earth’s magnetic field, and demonstration that they emanate from the core, are global in extent, can be used to set an upper bound on the electrical conductivity of the mantle, and are manifestations of rapid changes in convection at the top of the core; application of paleomagnetism to solve important tectonic problems, including elucidating the spreading history of the Afar region and Gulf of Aden, quantification of the history of India’s collision with and indentation of Asia, sharpening our understanding of the amalgamation of the North and South China cratonal blocks, and pivotal syntheses of apparent polar wander curves for the major continents, true polar wander, and the hotspot reference frame; the linkage between major mass extinctions in the geological record and large flood-basalt eruptions, which due to his work are now widely viewed as a dominant cause of mass extinctions; the question of whether volcanic hotspots are caused by deep-seated mantle plumes and their connection to episodic convective instability at the bottom of the mantle. Courtillot’s work on some of the most important issues in earth science of our time is characterized by originality, deep and broad scholarship, and quantitative data collection and analysis, and as a result, it has profoundly influenced our science.
  

vendredi 9 décembre 2011

Quelques éléments de débat scientifique dans la question du changement climatique

Texte de Vincent Courtillot paru dans les Annales des Mines, en avril 2008.
  
Quelques éléments de débat scientifique dans la question du changement climatique
 
Par Vincent Courtillot, membre de l'Académie des sciences

Le coeur du débat n’est-il pas de savoir s’il y a réchauffement climatique, et quelle est la part du dioxyde de carbone [CO2] dans ce phénomène ? Il faut essayer de bien distinguer ces deux questions et tenter d’y répondre séparément. Une partie des désaccords possibles vient, précisément, du fait que l’on ne les sépare pas suffisamment. Pour ce qui est du réchauffement climatique global, accepté, chacun le sait, comme une vérité bien établie par le plus grand nombre actuellement, nous sommes quelques-uns à découvrir, avec étonnement (et peut-être avec naïveté, certains le penseront, à coup sûr) que les données d’observation des stations météorologiques ne sont pas si simples à traiter et à comprendre. En revanche, pour ce qui est du gaz carbonique, l’augmentation de sa concentration depuis 150 ans dans l’atmosphère est indubitable ; elle est liée à l’exploitation des réserves de carbone fossiles par l’homme. Le compte-rendu des travaux du GIEC, dans sa partie rédigée pour les décideurs politiques, se conclut par une phrase qui dit, en gros, qu’en cinq ans (entre le précédent rapport et celui-ci), les auteurs du rapport considèrent que la probabilité que le réchauffement climatique soit dû à l’élévation de la teneur de l’atmosphère en gaz carbonique d’origine anthropique est passée de 60 à 90%. Cette conclusion pose la question de ce que signifie un consensus et de ce que peuvent en déduire les gens qui lisent le rapport. Est-ce une estimation quantitative (une incertitude, au sens scientifique du terme), ou s’agit-il plutôt d’un vote de scientifiques, fondé sur leur opinion du moment ? Il est très important de ne pas confondre les deux.

Une remarque liminaire

Avant de tenter de répondre aux deux questions, je voudrais faire une remarque liminaire. Ce n’est naturellement que mon interprétation, laquelle n’est sans doute pas partagée par tout le monde, des différentes étapes par lesquelles doit passer la démarche scientifique, dans notre domaine des sciences de la Nature. La première chose par laquelle on commence, c’est l’observation. C’est pour cela qu’il paraît souhaitable que l’on discute d’abord – surtout – les observations :leur qualité, leur multiplicité et la confiance qu’on peut leur accorder. Ensuite, vient la modélisation, la tentative de comprendre les phénomènes physiques et chimiques responsables de ces observations. Enfin, mais seulement en bout de chaîne, vient, à notre ère des ordinateurs, la modélisation numérique. La démarche doit respecter cette progression : d’abord les observations, puis les mécanismes, ensuite la mise en équations, enfin la tentative de reproduire les observations avec un ordinateur. Or, je suis frappé par l’impression, dans le domaine du réchauffement global, que le nombre de groupes qui, de par le monde, se préoccupent d’acquérir et de traiter de manière critique les observations, notamment de température, est très inférieur à celui de ceux qui travaillent sur la modélisation numérique. En France, plusieurs groupes construisent des modèles numériques, dont celui du laboratoire de météorologie dynamique. Il y a moins d’équipes qui s’occupent (tant à travers le monde qu’en France) des processus physico-chimiques, pour déterminer les rôles respectifs que jouent le gaz carbonique, les rayons cosmiques, la physique des nuages, les poussières, les éruptions volcaniques, le Soleil. Il y a encore moins de gens (et c’est une chose qui nous a beaucoup surpris dans notre communauté de géophysiciens spécialisés dans l’étude de la Terre solide) qui contribuent à l’élaboration des observations, notamment de température. Une excellente équipe, dont Anny Cazenave est l’animatrice, se préoccupe des évolutions du niveau de la mer, beaucoup moins sujettes à discussion. La donnée de base, que tout le monde connaît, c’est la fameuse courbe « en crosse de hockey », censée illustrer l’évolution de la température moyenne du globe depuis plusieurs siècles. En fait, définir la température moyenne de la basse atmosphère du globe est une question très difficile et il y a très peu de laboratoires dans le monde qui s’y intéressent ! La principale équipe est en Grande-Bretagne. S’il y a, dans le monde entier, des stations météorologiques qui mettent en commun des bases de données, il nous semble qu’en fait assez peu de gens regardent ces observations de manière critique. Avec mon collègue Jean-Louis Le Mouël, qui est à l’origine de ces réflexions, et des collègues russes, Elena Blanter et Mikhaïl Schnirman, nous avons regardé ces données d’observations de température ; nous y avons découvert des signaux assez différents de ceux auxquels nous nous attendions. C’est ainsi que des équipes de grande qualité font de la modélisation physique et chimique, des équipes encore plus nombreuses font de l’excellente modélisation numérique, mais en s’appuyant sur des données qu’ils n’ont pas acquises et critiquées par eux-mêmes, et qui ne sont produites que par un tout petit nombre d’équipes. Il est surprenant qu’il n’y ait pas, depuis 20 ans, plus d’équipes, dans le monde, qui soient en train de vérifier mutuellement la validité de leurs données. La contribution de notre équipe va, depuis quelques mois, dans ce sens. Notre objectif, dans les années qui viennent, est essentiellement d’analyser les données. Nous souhaitons simplement être sûrs que la précision et la signification de ces données n’ont pas été surévaluées.

Quelle est la légitimité de notre équipe pour entreprendre ce type de recherche ?

 
En géophysique, nous sommes entraînés à regarder les longues séries de données, et nous sommes habitués à « traiter le signal ». Beaucoup de gens ont oublié combien de techniques mathématiques de traitement du signal ont été découvertes par des géophysiciens (cela, parfois, seulement quelques années après que les mathématiciens en eurent fait la théorie et les eurent ensuite diffusées). Il en va ainsi de la transformée de Fourier rapide, due à deux géophysiciens qui regardaient des données sismiques, et de la transformée en ondelettes, due à un géophysicien de la Compagnie générale de géophysique. La méthode de transformée spectrale à entropie maximum a été développée dans les années 1970, à l’Université Stanford, par John Burg, un autre géophysicien spécialiste du traitement des données sismiques. Les géophysiciens ont donc l’habitude et les outils qui leur permettent de regarder avec soin de longues séries de données temporelles, denses, dans lesquelles on est souvent confronté à la grande difficulté de devoir analyser en même temps les très hautes fréquences et les très longues périodes, sans perdre pour autant en précision. Jean-Louis Le Mouël et moi-même avons depuis des décennies une certaine expérience de l’analyse des séries longues d’observations magnétiques. Nos collègues russes nous ont apporté des méthodes nouvelles d’analyse non-linéaire des signaux. Nous les appliquons maintenant à des séries d’observations de température et de pression. Cela n’est pas vraiment « sorcier », ni inhabituel pour nous, mais nous y faisons depuis quelques mois, pensons-nous, de « petites découvertes » déconcertantes, dont nous pensons qu’elles n’ont pas été faites auparavant. Enfin, pour cette question de légitimité, je rappellerai combien un regard nouveau, à la frontière entre deux champs disciplinaires, apporte souvent à la recherche scientifique.

La question du réchauffement climatique

  
Que valent et que disent les observations qui sont dans le rapport du GIEC ? Ce sont essentiellement celles du Hadley Research Centre en Grande-Bretagne, compilées depuis des décennies par le professeur Jones et ses collègues. La température moyenne de la basse atmosphère est construite en moyennant des valeurs de la température, elles mêmes moyennées dans des carrés de 500 km de côté, sur une durée d’un mois. Ces données remontent à 1850. Les courbes publiées dans le rapport du GIEC montrent une augmentation de la température au cours des 30 dernières années, et des fluctuations qui remontent jusqu’aux années 1850. A nos yeux, une grande question est de savoir ce que signifie cette courbe globale et si les incertitudes sur ces valeurs ont été bien estimées, ou non. J’ai été en contact avec le professeur Jones pour essayer de voir si nous pouvions comparer nos données aux leurs. Pour l’instant, cela semble difficile, ce laboratoire ayant signé un accord de confidentialité avec les fournisseurs de données brutes. Reconstituer cette base de données avec un accès aux données de l’ensemble des stations météorologiques du monde est un travail considérable, puisque le professeur Jones a, dans sa base de données, 3,7 millions de relevés de température mensuels, depuis 1850. Nous nous attaquons donc, pour l’instant, à des échelles plus réduites. Nous avons ainsi, tout d’abord, compilé les observations de 48 stations météorologiques couvrant l’Europe entière, de la Grande-Bretagne à l’Oural. Pour ce faire, nous avons utilisé des données journalières et non pas des données moyennées mensuelles ; en effet ces dernières perdent une partie essentielle de l’information. Dans ces données journalières, nous avons remarqué que, d’une station à l’autre, les corrélations étaient remarquables et que, sur l’ensemble de l’Europe, les périodes de fluctuation (allant d’un à dix ans) sont les mêmes. Lorsqu’on calcule la valeur moyenne de toutes ces observations, on ne voit pas de tendance à l’augmentation de la température, de 1900 à 1980 : la courbe est plate, et ce, sur toute l’Europe. On observe, en revanche, une année exceptionnellement froide (en 1940) et un saut important (d’environ un demi-degré) et rapide, en 1985-1987, dont nous n’avons pour l’instant pas compris l’origine. Et, depuis ce saut, depuis 30 ans, la tendance est à nouveau plate. La réponse, en ce qui concerne l’Europe, est de dire « Oui, il y a un réchauffement climatique, mais il n’a pas la forme supposée jusqu’à maintenant : il s’est produit après une période sans augmentation de température de quelque 80 ans, il s’est produit en quelques années, ce n’est donc pas un phénomène lent ». Qu’est-ce qui peut produire un phénomène aussi rapide ? Depuis 30 ans, la tendance à long terme de la température est de nouveau constante et cela explique bien le fait qu’au cours de ces trente dernières années, les records de température de ces 100 dernières années aient fréquemment été battus, tout simplement parce qu’autour d’une température très largement fluctuante, on a une valeur moyenne qui a « sauté ». Mais, depuis 1980, il n’y a pas de tendance à l’accélération, ni à l’augmentation de la fréquence de ces records de température. Depuis, nous avons repris le même exercice sur quelques autres zones de la planète, principalement aux États-Unis. Les données sont organisées dans des zones de quelques milliers de kilomètres de dimensions latérales. Les variations de « haute fréquence » (de 2 à 15 ans) ressemblent beaucoup à des fluctuations qui pourraient être excitées par le Soleil, mais sont peut-être aussi une réponse naturelle du système climatique. L’observation majeure, c’est que la variation à long terme change énormément d’une région climatique à l’autre. En Californie, la température n’a pas cessé de croître en accélérant : on observe donc là une courbe qui ressemble furieusement à la courbe d’accroissement du gaz carbonique, la fameuse courbe exponentielle. En revanche, toute la partie centrale des États-Unis connaît, entre 1935 et 1975, 40 années d’une chute de température significative, alors que le gaz carbonique augmentait (mais que le soleil diminuait en activité). Et, dans plusieurs provinces des États-Unis, la température actuelle est plus faible que dans les années Trente. Donc, ce traitement des données fait apparaître des observations très intéressantes. Les questions que nous nous posons aujourd’hui, avec des données qu’il faudrait étendre au monde entier (et nous avons vu l’ampleur de la tâche), sont : « Que signifie donc la courbe mondiale des températures ? Est-ce que sa barre d’erreur n’est pas sous-estimée ? ». Oui, en de nombreux endroits il y a un réchauffement récent, mais pas en Europe sur les vingt dernières années. Le réchauffement s’y est fait brutalement, auparavant. Et, pour ce qui est du monde entier, nous ne sommes pas capables de répondre, en particulier parce que tout l’hémisphère Sud est très mal couvert et surtout parce que nous n’avons pas encore eu le temps d’étendre notre analyse à ces régions.

La question du gaz carbonique

Pour ce qui est du rôle du gaz carbonique, quelques questions demeurent encore sans réponse. Celles-ci portent essentiellement sur le fait que les spécialistes semblent ne pas douter du fait que l’augmentation de sa concentration dans l’atmosphère, depuis plus d’un siècle, se traduit par un effet thermique (le « bilan radiatif » est exprimé en terme de bilan de chaleur ou d’énergie par unité de surface, donc en watts par mètres carrés - W/m²), qui serait bien compris et dominerait tous les autres facteurs. Or, il nous semble que d’autres facteurs potentiels pourraient introduire des contributions au bilan radiatif, d’un ordre de grandeur pas si éloigné que cela. Nous ne disons pas : « ce n’est pas le CO2 », mais nous nous étonnons du degré de sûreté avec lequel la plupart de nos collègues affirment que sa responsabilité est désormais démontrée. Et ce, d’autant plus que nous commençons à nous interroger sur la solidité de la signification du réchauffement global, au moins tel qu’il est exprimé à travers la température globale, comme on vient de le voir. Nous pensons qu’il y a encore de la marge avant d’en être certain ! Le flux de chaleur moyen qui atteint « par le haut » l’atmosphère terrestre est de l’ordre de 350 W/m² ; l’effet additionnel dû à l’accroissement des gaz à effet de serre, depuis 150 ans, est estimé à 2,5 W/m². Et à combien, pour les autres facteurs ? Quel est le rôle des nuages ? Ils réfléchissent et renvoient environ 80 W/m² vers le haut. En fait, on ne comprend encore que très mal la physique des nuages : si un facteur externe était capable de changer de quelques pourcents la couverture nuageuse, cela entraînerait des modifications significatives du bilan. Or, certains chercheurs pensent que les variations du flux de rayons cosmiques, qui sont de plusieurs dizaines de pourcents, sont capables de changer la couverture des nuages, principalement de basse altitude. Celle-ci n’est bien connue (par les observations satellites) que depuis 30 ans, c’est-à-dire, hélas, seulement depuis le début supposé du réchauffement global. Que ce soit pour les mesures précises de l’irradiance solaire, du niveau des mers, de l’intensité des rayons cosmiques ou de leur effet sur les nuages, on se heurte toujours au fait que les observations quantitatives de haute qualité sont récentes (elles sont liées à l’ère des satellites) et ne permettent pas aisément les comparaisons avec le passé

Ainsi, depuis 1978, depuis 30 ans que l’on mesure dans le détail les variations de l’irradiance solaire (la quantité totale d’énergie dans toutes les longueurs d’onde envoyée par le Soleil sur la Terre), on constate que l’amplitude de ces variations (entre deux cycles de 11 ans) est d’environ 0,1 W/m² et que son amplitude au cours d’un cycle atteint 1 W/m². Mais si l’on prend les variations de haute fréquence, c’est un peu plus de 4 W/m². Pour pouvoir être comparés aux variations du bilan radiatif dû aux gaz à effet de serre, ces chiffres doivent être divisés par 4 (la chaleur incidente sur la surface de la Terre, vue du Soleil, est répartie, durant une journée, sur toute la surface de la Terre en rotation sur elle-même, soit 4 fois plus). Si les variations de haute fréquence étaient un facteur forçant significatif (à travers des processus non-linéaires encore mal connus), la contribution au bilan serait néanmoins de l’ordre de la moitié de l’effet du CO2. Et si l’on prend en compte les diverses sources d’incertitude des calculs sur les modèles qui prédisent le climat des cent prochaines années, on a des marges d’erreur du même ordre de grandeur. Donc, beaucoup de facteurs certains ou potentiels et de marges d’incertitude se situent entre 1 et 3 W/m².

Quelles leçons la connaissance des climats du passé nous apporte-t-elle ?

 
Les échelles emboîtées du passé sont susceptibles d’apporter des informations complémentaires. Elles nous donnent accès au temps profond de Braudel, et au-delà. Elles sont indispensables, mais naturellement de plus en plus incertaines quand on s’éloigne dans le passé. Je viens de parler du passé récent de 1850 à nos jours. Le premier recul nécessaire dans le passé, ce sont les derniers 1 000 ou 2 000 ans. Le second pas, c’est d’aller jusqu’aux ères glaciaires et à l’échelle de plusieurs centaines de milliers d’années. Les réponses ne sont pas les mêmes. Chacune de ces échelles de temps fournit des données intéressantes, mais très différentes entre elles. A l’échelle du dernier millénaire, il y a la fameuse courbe « en crosse de hockey », qui montre l’explosion des températures au cours du dernier siècle. Comme il n’y a pas assez de mesures directes de la température avant 1850, il faut rechercher un indicateur indirect : on utilise, en général, l’épaisseur des anneaux d’accroissement annuel des arbres. Mais un article important de Moberg et d’autres coauteurs, paru en février 2005 dans la revue scientifique Nature, montre que les arbres enregistrent mal les variations de longue période, qui sont en revanche mieux enregistrées dans les sédiments. En combinant les résultats des arbres et ceux des sédiments, les auteurs reconstituent une courbe des températures qui est assez différente de celle que tout le monde connaît. On y voit très bien l’importance du réchauffement de l’an 1000, mis en évidence (en Europe, tout au moins) par l’historien Emmanuel Leroy- Ladurie, cet « optimum climatique médiéval », l’époque du Groenland « vert ». On y voit ensuite le « petit âge glaciaire », qui commence au XVIe siècle et se prolonge jusqu’en 1870, environ. Dans la courbe de Moberg et al., le réchauffement climatique récent ressemble un peu à celui de l’an 1000 ; s’il est un peu supérieur, rien ne permet de dire, d’un point de vue statistique, que l’on ne va pas se retrouver dans la même situation. On a peut-être un peu trop oublié l’effet d’un cycle millénaire du Soleil – un réchauffement qui serait significatif, mais réversible ; un élément important de la variabilité naturelle du climat… On recule ensuite jusqu’à la période de 400 000 ans qui couvre les quatre derniers grands cycles glaciaires, ces cycles de Milankovitch, dus aux fluctuations de l’orbite terrestre autour du Soleil sous l’effet de planètes géantes lointaines. Jacques Laskar a montré comment modéliser ces fluctuations, et l’analyse de carottes de glace provenant de l’Antarctique (puis de l’Arctique), effectuée notamment, à Grenoble, par Jean Jouzel et ses collègues, a mis en évidence des variations en dents de scie de la température et du gaz carbonique. Nous sommes maintenant dans un de ces « optimums climatiques » interglaciaires qui se produisent tous les 100 000 ans. Les résultats les plus récents montrent que les variations du gaz carbonique mesurées dans les bulles d’air trouvées dans les carottes de glace se produisent quelques siècles après les variations de température, et traduisent donc le réchauffement (ou le refroidissement) des océans par le Soleil, qui provoque un dégazage (ou une redissolution) du gaz carbonique, même si des contre-réactions sont possibles. Pour ces périodes, c’est principalement la température qui contrôle le gaz carbonique, et non l’inverse, comme cela est proposé aujourd’hui pour les rejets gazeux anthropiques. Les deux sont possibles, mais alors les observations concernant les cycles de Milankovitch ne peuvent être prises comme un argument d’évidence en faveur de l’interprétation de la situation nouvelle créée par l’Homme. Et nous voyons qu’avec cette nouvelle vision des cycles de Milankovitch, de la courbe de températures du dernier millénaire de Moberg, de l’allure de l’évolution fine de la température en Europe ou en Amérique, nombre des bases « pédagogiques » de la vision généralement acceptée du réchauffement climatique semblent plus discutables.

Conclusion

Tout ceci me conduit à oser formuler des doutes sur la phrase précise du rapport du GIEC faisant état d’un degré de confiance de 90 % dans l’hypothèse aujourd’hui dominante et très médiatisée. Ce qui ne me conduit pas à conclure qu’il faille se comporter de façon écologiquement irresponsable. Il est vrai que le gaz carbonique a augmenté de façon considérable depuis quelques décennies. Et si je ne suis pas persuadé que l’effet sur la température du globe soit démontré, rien n’interdit que ces effets apparaissent dans le futur (l’un des risques principaux est l’acidification des océans). Et il y a maintes raisons de consommer de manière plus parcimonieuse nos réserves en combustibles fossiles, dont on saura sans doute tirer dans quelques décennies, ou dans quelques siècles, des molécules nouvelles et des applications plus intéressantes que celle consistant à casser ces molécules dans des moteurs. Enfin, il ne faut pas que cette affaire du réchauffement climatique masque des enjeux dont on peut penser qu’ils sont peut-être encore plus urgents : l’accès à l’eau au XXIe siècle, le traitement des déchets dans des civilisations de plus en plus urbaines, sans parler des grandes pandémies, de l’accès à l’éducation et à la parité des femmes, ou tout simplement des 800 millions d’habitants de notre planète qui survivent (aujourd’hui, pas dans 100 ans…) en-dessous du seuil de pauvreté et souffrent de la faim. La science, la communication et l’action politique ne font pas toujours aussi bon ménage qu’elles le devraient.

  

jeudi 8 décembre 2011

La riposte des climato-sceptiques

Vincent Courtillot est cité dans un article du Journal du dimanche, consacré à la contre-offensive des climato-sceptiques, et disponible ici.
  

lundi 5 décembre 2011

Catastrophes naturelles : toujours plus fort ?

Vincent Courtillot est cité dans un article des Echos, consacré à la hausse des événements géologiques et climatiques  extrêmes, et disponible ici.

"Evénements extrêmes dans le noyau et la biosphère : nouvelles corrélations"

Conférence de Vincent Courtillot, intitulée Evénements extrêmes dans le noyau et la biosphère: nouvelles corrélations, et donnée à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) le 11 janvier 2007. Le diaporama est disponible ici.
  
Lien: Conférence de Vincent Courtillot (Introduction)

Lien: Conférence de Vincent Courtillot (Exposé)

Lien: Conférence de Vincent Courtillot (Questions)

lundi 28 novembre 2011

"Conséquences climatiques des grandes éruptions basaltiques"

Conférence de Vincent Courtillot, intitulée Conséquences climatiques des grandes éruptions basaltiques, et donnée à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) le 6 janvier 2005. Le diaporama est disponible ici

Lien: Conference de Vincent Courtillot : Consequences climatiques des grandes eruptions basaltiques

vendredi 25 novembre 2011

Climat : "Le rôle du Soleil a été sous-estimé"

En 2010, Vincent Courtillot a été interrogé par la chaine publique belge RTBF à l'occasion d'une émission consacrée au réchauffement climatique et au Climategate. Extrait (4:20).
 

Le reste de l'émission est visible ici.
  

mercredi 23 novembre 2011

Climategate 2 : Vincent Courtillot est un "imbécile bien introduit" selon Phil Jones

Parmi les 5 000 nouveaux emails piratés mis au jour ce mardi, une trentaine concerne Vincent Courtillot.

Dans l'un d'eux, le climatologue Phil Jones (photo), de l'Unité de recherche climatique (CRU) de l'université britannique d'East Anglia (au centre du scandale du Climategate en 2009), insulte le géophysicien français :

"Vincent est un imbécile, mais un imbécile bien introduit - à l'Académie française [ndlr : Académie des sciences] et tout ça."


L'email n° 3124 est reproduit ci-dessous :

date: Wed Feb 6 13:36:32 2008
from: Phil Jones
subject: A warning for Feb 7-8
to: Robert Marsh

Bob,


Maybe you're the Robert Marsh giving a poster at a meeting of paleo types in London tomorrow - Burlington House. If not ignore this message. You'll get one good talk from Jim Hansen. You'll get one awful talk on the Friday from a Vincent Courtillot. If he lays into me, or says the world isn't warming you have my permission to go and put the boot it. Shouldn't be difficult. Have emailed Jim as well.

Vincent is a prat, but he's a well connected prat - French Academy and all that. He's been making life a misery for Edouard Bard. I can't make it - I'm just trying to help Edouard! If you're not the Robert Marsh, I can explain more next time we meet!


Cheers

Phil
 
  

mardi 22 novembre 2011

Climategate 2 : Vincent Courtillot cité dans les emails piratés des scientifiques du climat

Plus de 5 000 nouveaux emails piratés, provenant apparemment de l'université britannique au centre du scandale du Climategate en 2009, ont été mis en ligne ce mardi, juste avant la reprise des négociations sur le climat en Afrique du Sud, prévues lors de la conférence de Durban à la fin du mois. Avec ce Climategate 2, c'est la mission politique de certains climatologues qui se fait jour.

En novembre 2009, à la veille du sommet sur le climat à Copenhague, plus d'un millier d'emails de chercheurs collaborant avec le prestigieux centre de recherche sur le climat (CRU) de l'université britannique d'East Anglia avaient déjà été publiés sur Internet. Ces documents avaient permis de révéler certaines pressions, intimidations et manipulations au sein de la communauté scientifique spécialisée dans l'étude du climat.

- Pour plus d'infos en anglais : The Telegraph, BBC, The Guardian, Dailymail, The Washington Post, Reuters, Fox News, ABC News, Time, RealClimate, JunkScience, Climate Audit, Climate Depot, Anthony Watts.

- Pour plus d'infos en français : Le Point, Le Monde, Objectif Liberté et Skyfall.

- Pour télécharger le fichier contenant les 5 000 emails, cliquez ici.

***

Parmi ces milliers d'emails piratés, une trentaine cite le nom de Vincent Courtillot. J'en reproduis certains extraits ci-dessous (les passages intéressants sont en rouge). Pour rappel, il n'est pas question ici de trancher le débat scientifique du réchauffement climatique mais de révéler certaines coulisses obscures de la recherche sur le climat.

Email 0431

Date: Fri, 18 Jan 2008 16:19:42 +0100
To: Phil Jones From: Edouard BARD
Subject: French daggers (+ 3 attached files)
X-Attachments: :Macintosh HD:1254945:VC-DroitReponse - Acad.doc: :Macintosh
HD:1254945:Acad01-08-SH.ppt: :Macintosh HD:929141:LeMonde16/1/08.pdf:
Hello Phil,

Ray sent a formal letter to Science. This is submitted for publication in the paper version of Science. Given the size limit (300 words) he couldn't give many details about the temperature data. An additional possibility for commenting is through what they call an e-letter that goes quicker. Note that during the 'Secret Committee' last Tuesday at the Academy, Courtillot and Allègre ferociously accused me for organizing a plot against their institute IPGP. As I told you, nobody was there to defend my case. Note also that Courtillot makes direct and vicious attacks against you.

[...]

At 10:45 05/02/2008, you wrote:

Dear Phil,

Sorry to bother you again with this stuff, but it is important to keep you tuned. Besides the informations sent previously (e.g. my messages pasted below), you should know that Courtillot keeps saying and writing publicly that you did errors in your publications and datasets available to the public. A further example is the video of his talk available on the IPGP web site. In the front row of the packed audience, you can even see the president of CNRS (Ms. Brechignac) and the former Director of Scientific Research of the Ministry (Ms Giacobino). I paste below some comments (in French) that I wrote to colleagues about when Courtillot lies about your work.

The main reason for my email is also to inform you about the forthcoming meeting in London during which Courtillot will give a keynote lecture just after Jim Hansen ! The title of his presentation is particularly appealing "Which global warming?".

This is the annual meeting of the British Geophysical Association "New Advances in Geophysics" on the theme "Geophysics of Global Climate Change". "The aim of the meeting is to bring together the diverse strands of geophysical research into climate change".

The six keynote speakers are the following : Dr. Jim Hansen, NASA Goddard Institute for Space Studies, Dr. Heiko Palike, NOC, Southampton, Prof. Vincent Courtillot, IPG, Paris, Dr. David Pyle, Oxford, Dr. Mark Siddall, Lamont-Doherty Earth Observatory, Prof. Paul Wilson, NOC, Southampton

More info can be found on the following web site:
[1] http://www.personal.soton.ac.uk/~heiko/NAG2008/NAG2008.html

I hope that you will be able to attend or that somebody from your lab will be able to respond to the detailed accusations propagated by Courtillot.

Best wishes, Edouard

Email 0739

date: Wed Feb 6 13:21:06 2008
from: Phil Jones
subject: Feb 7-8
to: James Hansen

 Jim,

I see you're down for a meeting in London tomorrow and Friday. I have been having something of a run in with a French scientist called Vincent Courtillot. He is making Edouard Bard's life awful in French. If you're there on the Friday when Vincent is talking then tell him he's just completely wrong. He will likely say the climate isn't warming and even if it was it has little to do with greenhouse gases. So shouldn't be difficult!!

I'm lecturing here in Norwich to students so can't make it to London. If you're not there on the Friday, just make sure one or two reasonable scientists are aware that they have invited a bit of rogue!

Cheers

Phil

Email 0845

[...]
At 15:29 +0000 14/01/08, Phil Jones wrote:
Jean,

Will you be going to the EGU in Vienna this April?

This disagreement with Courtillot seems to be getting out of hand. Edouard isn't having a great time at the moment. The data Courtillot used is not on the CRU web site. We did produce it, but for a paper Keith worked on in 2002. Courtillot's global is CRU data, but not the globe - it is land north of 20N and April to September only!

The French Academy is looking a bit of a laughing stock! I did meet Courtillot in March last year - he was courteous, but he should read the literature!

Cheers

Phil

From: Jean Jouzel [1]
Subject: Re: Fwd: Re: Fwd: FYI: Daggers Are Drawn
X-Greylist: Sender IP whitelisted, not delayed by milter-greylist-3.0 (shiva.jussieu.fr
[134.157.0.166]); Tue, 15 Jan 2008 00:07:14 +0100 (CET)
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Dear Phil,

Yes the situation is very bad in and I was indeed going to write you to ask somewhat for your help in getting some support to Edouard, which is really needed. Certainly one thing you could do would be to write to the editor of Science at least pointing to the fact that the figure is misleading using again the seasonal above 20°N Briffa et al. data set as global.

May be also at some point write something supporting the answer of Edouard and Gilles Delaygue, to EPSL (or in answering the letter Courtillot has recently written see attached in which he is very critical with respect to your work). I don't know ....

Yes I will be in Vienna , this will be a pleasure to meet you

With my best

Jean
 
   
[...]

Email 2194 (lire à rebours)

----Messaggio originale----
Da: p.jones@uea.ac.uk
Data: 14.12.2007 10.37
A:
Oggetto: Re: AW: Re: geomagnetic field and climate

Jacopo,

I'm not suggesting fraud, just that Bard/Delaygue weren't able to reproduce what Courtillot et al claimed to have done. Courtillot et al may be considered high profile scientists, but this is in a non-climate field. The issue here is that they are not fully aware of all the literature in the climate field. They are very selective of the papers they cite and the journal EPSL isn't considered mainstream in the climate field. They tend to publish in what I would refer to as the non-climate literature. In this respect the editors have a harder time knowing they are getting access to the best climate reviewers.

To get another (may be similar) view to mine, I'd contact Thomas Stocker in Bern. (
stocker@climate.unibe.ch) Thomas like me was involved in the 2007 IPCC Report. These papers weren't considered for the IPCC as they were after the deadline of mid-summer 2007. I doubt they would have been referred to, as they are not in mainstream climate journals. The IPCC 2007 WG1 Report is the most authoritative document you can read on the subject. There is no dispute (see Ch 9) in the IPCC WG1 2007 that solar output changes explain some of the temperature increase in the first half of the 20th century. Why I was pointing out the Lockwood/Frohlich paper is that it shows natural forcing (the sun and volcanoes) should have caused a cooling since the 1960s. Lockwood/Frohlich realise this, but Courtillot et al don't seem to.

As we have to invoke the positive effect of greenhouse gases and the negative effect of sulphate aerosols to explain recent warming, you can only ignore sulphate aerosols (as it is small) earlier in the 20th century.

So the sun can't explain all the increase as greenhouse gases were going up then as well (albeit less so). When I say invoking above I mean giving best estimates of past forcing to climate model simulations of the 20th century.

Cheers

Phil

At 08:48 14/12/2007, you wrote:

>Dear Phil,

thank you for your open and prompt answer. I am not just aiming to fuel non-sense debates, I wish you understand this. In the first paragraph of your answer, are you arguing there have might be some fraud in Courtillot paper? (I'll keep your answer strictly confidential). I understand your points on peer reviewing. However, Courtillot and co. are considered high profile scientists (
http://www.copernicus.org/EGU/awards/medallists/_2005/petrus_peregrinus.html, as an example). And I, as a non specialist, get a bit confused as they argue that the others are not getting the right point around climate change.

May I ask you: does any of those in the two papers I have sent you are involved in the IPCC? This is the only reliable source I may think of.

I have read the Frohlich paper you have sent me. It seems there is agreement between Corutillot and Frohlich as they both notice a preindustrial influence of sun forcing in climate, but an abrupt shift since the 80ies.

Thank you again,

Jacopo

----Messaggio originale----
Da: p.jones@uea.ac.uk
Data: 13.12.2007 18.29
A:
Oggetto: Re: geomagnetic field and climate

Jacopo,

I'd put far more faith in the comment on the Courtillot paper by Bard and Delaygue. I was asked by Edouard Bard to try and locate the file Courtillot et al say they use in their response to Bard/Delaygue. All this is at the end of the Bard/Delaygue comment on p5/6. This name of this file is not the way I name files here. It is also not on the CRU web site and a google search doesn't find it!

The global T record they (Courtillot et al) claim to use (Jones et al. 1999/Brohan et al. 2007) is not the same as the one we produce here. Edouard Bard was unable to reproduce their diagram with the correct series I sent him. This doesn't make much difference, but you wonder what other mistakes they have made.

There is no need to invoke any geomagnetic indices to explain the global T record. It can be quite well approximated from a solar series (preferably a recent one by Lean), a volcano series and anthropogenic sources (greenhouse gases and sulphate aerosols). I think if you want to refer to this subject at least refer to a good paper on the subject. I am attaching one. This is far better and well argued paper. The answers to all your questions will be in this paper. Frohlich is Swiss, so better to report on a correct Swiss than a French person who doesn't understand the climate system!

There are two problems/issues in the climate field :

1. Journals publish papers by Courtillot et al (and probably shouldn't). They give some unscrupulous people an excuse to say there is disagreement amongst climate scientists about what is happening and how much WE are to blame. Courtillot et al may understand magnetism, but they don't understand the climate system. I don't try and publish on magnetism! People think they can publish in the climate field without knowing little about the literature. There are too many journals (and still growing) and all have difficulty finding qualified reviewers.

2. The media are constantly picking up geo-engineering solutions to the climate change issue. This gives the public and some politicians a belief that there is a fix around the corner. There isn't. The only way to slow the increase in temperature is to reduce emissions.

Cheers

Phil

At 12:46 13/12/2007, you wrote:

I am a journalist, I live and work in Basel, Switzerland. I happen to report to Science magazine, occasionally, I have read with interest a paper to be published on Earth and Planetary Science Letters about magnetic forcing on climate change. I thought that the solar forcing of climate was quite debunked, but I see there it is offered another perspective. In fact, I was not aware about this geomagnetic perspective on climate. I am going to report about it on Science magazine and I would very much like to hear you opinion (because of your profile in this subject and because you are widely quoted in the paper).


Courtillot claims that up to 1980, on 10-100 scale, and 1000-10000 scale climate change correlates well with changes in geomagnetic field of earth (no causality). Correct? What would be the driver of the change in geomagnetic field? It seems Courtillot does not neglect the anthropogenic rise since ca 1980. Correct? Courtillot suggests a potential cause could be in" modulation of cosmic rays which are increasingly recognised as potential drivers of changes in cloud cover and albedo". Correct (or could you please explain me better; considering that I am not a specialist in this field)? Is it really "increasingly recognised"? How much changes in cloud cover and albedo due to cosmic rays could effect the climate change? On which basis scientists reject this hpothesis? After all Courtillot just says we should investigate more in this direction. He does not reject the CO2 hypothesis at all. Instead he acceptes it for the last few decades? What are the scientific implications of Courtillot's claims, would these be proven to be correct? I mean with regards with IPCC projections and alike.

Thank you and best regards (in case we may speak over the phone tomorrow).

Jacopo Pasotti

PS I include the paper and a comment on. But mind that there is a reply on the comment in the journal's website.

Jacopo Pasotti, MSc.
Science Communicator
Science Journalist
Basel - Switzerland
Mobile: +41.(0)787627785
Home: +41.(0)61.3611340
jacopo.pasotti@bluewin.ch
www.scienceandnature.net


Email 3124

date: Wed Feb 6 13:36:32 2008
from: Phil Jones
subject: A warning for Feb 7-8
to: Robert Marsh

Bob,

Maybe you're the Robert Marsh giving a poster at a meeting of paleo types in London tomorrow - Burlington House. If not ignore this message. You'll get one good talk from Jim Hansen. You'll get one awful talk on the Friday from a Vincent Courtillot. If he lays into me, or says the world isn't warming you have my permission to go and put the boot it. Shouldn't be difficult. Have emailed Jim as well.

Vincent is a prat, but he's a well connected prat - French Academy and all that. He's been making life a misery for Eduoard Bard. I can't make it - I'm just trying to help Eduoard! If you're not the Robert Marsh, I can explain more next time we meet!

Cheers

Phil

PS Some background if you can read french !


Email 4791

date: Fri Feb 15 11:59:49 2008
from: Phil Jones
subject: Re: A warning for Feb 7-8
to: Robert Marsh
 
Bob,

Thanks for the abstracts. Courtillot can happily go off and reinvent the wheel.

Why dos he need daily data to look at large-scale temperature change?
Estimating global mean T is simple. Why does he need to complicate it !

Cheers

Phil

Note : les emails contenant des informations personnelles ou relevant uniquement de la discussion scientifique ou technique ne figurent pas dans le présent billet.
  
EN PLUS : Climategate 2 : Vincent Courtillot est "un imbécile bien introduit" selon Phil Jones

vendredi 18 novembre 2011

Massive volcanoes, meteorite impacts delivered one two death punch to dinosaurs

Une série d'éruptions volcaniques et la chute d'une météorite ont probablement causé l'extinction des dinosaures, il y a 65 millions d'années, selon deux études publiées par l'université américaine de Princeton. Pour consulter l'article en anglais, qui cite Vincent Courtillot, cliquez ici.
  

dimanche 13 novembre 2011

Conférence sur le méga séisme et le tsunami de mars 2011 au Japon (vidéo)

Vincent Courtillot a donné une conférence, intitulée "Le méga séisme et le tsunami du 11 mars 2011 au Japon", à l'occasion du 59ème Congrès national des professeurs de physique et de chimie (Udppc) qui s'est tenu le 26 octobre dernier à l'Université Montpellier 2.

mercredi 9 novembre 2011

De l'extinction des dinosaures au séisme de Sendai : phénomènes extrêmes et temporalités emboîtées

Le 30 mai 2011, était organisé à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), un colloque intitulé "La fin du monde... et après ?". Au cours d'une conférence, Vincent Courtillot est revenu sur les différentes sortes de cataclysmes que le monde pourrait subir aux échelles de temps relativement brèves ou infiniment longues. Son titre : "De l'extinction des dinosaures au séisme de Sendai : phénomènes extrêmes et temporalités emboîtées".       
  

Lien: Conférence de Vincent Courtillot : phénomènes extrêmes et temporalités emboîtées.

mardi 8 novembre 2011

Climat : Réponse de Vincent Courtillot aux quotidiens Libération, Le Monde et Le Figaro

En janvier 2007, Vincent Courtillot et son équipe publient un article consacré aux relations entre le climat de la Terre, son champ magnétique et le Soleil dans la revue Earth Planetary Science Letters (Courtillot, EPSL 2007). Il est intitulé "Are there connections between the Earth's magnetic field and climate ?"
En réponse aux critiques des climatologues Edouard Bard et Gilles Delaygue (Bard & Delaygue, EPSL 2007), le géophysicien publie un nouvel article dans la même revue (Courtillot, EPSL 2008). Dans le même temps, Vincent Courtillot est la cible d'une série d’articles diffamatoires parus dans les quotidiens Libération, Le Monde et Le Figaro.
      
Dans un document (pdf), disponible sur le site de l'Institut de physique du globe de Paris en annexe d'une conférence sur le climat de janvier 2008, Vincent Courtillot revient sur cette "affaire". Il y mentionne le déroulé du traitement des articles par la revue scientifique et les textes des trois lettres envoyées aux journaux en exercice du droit de réponse. Un droit de réponse publié par le seul quotidien Le Monde, dans une version largement censurée.

Je reproduis ci-dessous, celui adressé au quotidien Libération, en réponse à l'article du journaliste Sylvestre Huet (photo).

Paris, le 07/01/2008
De Vincent Courtillot à Laurent Joffrin (Libération)

Coup sur coup, avec un ensemble assez saisissant, les trois principaux quotidiens nationaux français se sont fait l’écho de propos purement et simplement faux et profondément diffamatoires à l’égard d’un groupe de chercheurs dont je fais partie. L’article de Sylvestre Huet dans Libération est sans doute l’un des plus faux et des plus venimeux. S. Huet se pense autorisé à nous accuser, parfois en citant des sources mais aussi parfois de son propre chef, de nous être « ridiculisés », de « grossière erreur », de « mauvaise conduite », de « fausse courbe », pour terminer avec vulgarité en nous disant « pris la main dans le sac », se demandant enfin « comment expliquer les complicités nécessaires à la parution d’un article aussi vérolé » (sic).

On ne peut guère imaginer plus graves accusations à l’encontre de chercheurs. J’adresse à Libération et à Sylvestre Huet, qui a commis cet « article », et au nom de mes collègues incriminés, Jean-Louis Le Mouël, Yves Gallet et Frédéric Fluteau, le démenti le plus cinglant.

Quelle est donc notre contribution ? Nous pensons avoir apporté des observations nouvelles et originales, plus convaincantes qu’auparavant, d’un lien probable entre variations du champ magnétique terrestre et irradiance solaire (énergie lumineuse en provenance du soleil) et d’un lien possible avec la température moyenne du globe, lien qui se perdrait vers les années 1980 où émergerait un réchauffement anormal, attribué généralement aux gaz à effet de serre. Spécialistes du magnétisme, nous pensons apporter des observations magnétiques nouvelles et non contestées sur les relations entre magnétisme terrestre et activité solaire, et des suggestions sur le débat général sur le réchauffement climatique. Mais ceci est un débat de nature scientifique et par essence discutable. Ce qui n’est pas acceptable c’est la dérive du débat scientifique vers la calomnie pure et simple.

Il semble que la source principale des « informations » dont fait état Libération ait été le « blog » d’un chercheur américain, M. Pierrehumbert. Sylvestre Huet croit également pouvoir affirmer que E. Bard aurait écrit que « notre démonstration sort des normes scientifiques et relève de la manipulation des données ». Si cela se révélait exact, E. Bard lui-même aurait participé à la diffamation. La date choisie pour la publication de cet « article » a été celle de la mise en ligne sur le site électronique de la revue internationale de sciences de la terre « Earth and Planetary Science Letters » (EPSL) d’un commentaire d’Edouard Bard et de Gilles Delaygue. Ceux-ci critiquaient la note scientifique que nous avions publiée dans la même revue, au début de l’année (contrairement à ce qu’écrit S. Huet ce n’est pas eux qui nous « répondaient », mais nous qui avons répondu à leur commentaire). En même temps que le commentaire critique était mise en ligne notre réponse à ce commentaire, y répondant point par point : elle n’est nulle part citée par S. Huet. Il n’y a pas lieu de commenter ici plus avant le contenu scientifique des commentaires critiques et de nos réponses. Les lecteurs intéressés pourront se reporter à la revue EPSL. Mais l’article de Libération et le blog de Pierrehumbert formulent des accusations graves, mensongères et démontrablement fausses. Notons que S . Huet n’a pratiqué aucune vérification des allégations dont il se faisait l’écho, voire le promoteur.

Sans trop rentrer dans les détails techniques, il nous a été reproché d’avoir utilisé des données dont les références n’étaient pas ce que nous disions. Notamment une série de données que nous attribuions à un chercheur britannique, M. Jones, n’était pas reconnue par ce chercheur comme provenant de lui. Nous avons établi que ce chercheur faisait erreur et que les données étaient bien les siennes et que nous n’avions en rien altéré ses données. Nous les attribuions en revanche par erreur à tout un hémisphère de la terre alors qu’elles étaient en fait réduites à la zone de latitudes allant de 20°N au pôle. Cette confusion résulte principalement d’un manque de clarté des légendes des articles de Jones et de ses co-auteurs eux-mêmes, mais surtout, et c’est le plus important pour le débat scientifique, elle est sans conséquences sur nos conclusions, les diverses séries de données concernées étant peu différentes, comme il est aisé de le vérifier. Dans la note évoquée par S. Huet, Bard et Delaygue nous ont accusés de fausse citation, en arguant du témoignage (erroné) de Jones. Cette note était donc pour le moins mal venue et il est tout de même étonnant que son retrait, décidé par le rédacteur d’EPSL, ait été utilisé pour nous porter des accusations injustifiables. Puisque nous sommes apparemment entrés dans la civilisation du blog, citons celui que M. McIntyre (www.climateaudit.org) oppose à M. Pierrehumbert (nous ne connaissions au préalable et n’avions de lien avec aucun de ces deux chercheurs) et qui confirme jusque dans le détail ce que nous disons ci-dessus et que nous exprimions dans notre propre réponse au rédacteur d’EPSL. L’ensemble des bases des accusations de S. Huet et de ceux dont il se fait le porte-voix se révèle donc entièrement faux.

Cette série de propos diffamatoires est une honte pour ceux qui en sont les auteurs et pour ceux qui les ont propagés sans souci de vérification.


Vincent Courtillot,
Professeur à l’Université Paris-Diderot
Membre de l’Académie des sciences

EN PLUS : Voir aussi la conférence (vidéos n°2 et 4) donnée par Vincent Courtillot en janvier 2008, durant laquelle le géophysicien répond aux critiques scientifiques et médiatiques de ses travaux.

EN PLUS : Le texte de Vincent Courtillot (ici) et la réponse d'Edouard Bard (ici) publiés lors du débat sur le climat organisé par l'Académie des sciences à Paris, en septembre 2010.
  

mardi 4 octobre 2011

Vincent Courtillot : "Voilà 12 ans que le réchauffement climatique semble avoir cessé"

Vincent Courtillot a accordé une longue interview au site Agents d'entretiens au sujet du réchauffement climatique.

Y sont abordés, les causes du réchauffement climatique (CO2, soleil), les liens entre climat et catastrophes naturelles, les grands défis environnementaux, l'influence des "climato-sceptiques", le rôle du GIEC...

Pour lire l'interview, cliquez ici.

Extrait : "Certes il y a réchauffement (irrégulier dans le temps et l'espace, et mal corrélé aux variations en croissance accélérée des gaz à effet de serre) entre le début et la fin du XXe siècle. Mais voilà 12 ans que le « réchauffement climatique » semble avoir cessé alors que, naturellement, la production de gaz à effet de serre ne cesse d'accélérer."
  
  

samedi 1 octobre 2011

Vincent Courtillot et la fondation Ecologie d'Avenir de l'Institut de France

Je vous en parlais il y a quelques mois. La fondation Ecologie d'Avenir de l'Institut de France est officiellement créée depuis juin.

Présidé par Claude Allègre, son Conseil d’orientation rassemble entre autres le géophysicien Vincent Courtillot, la journaliste Véronique Anger de Friberg, le démographe Hervé Bras ou le philosophe Luc Ferry.

En font également partie, trois prix Nobel : Albert Fert, prix Nobel de Physique, Jean-Marie Lehn, prix Nobel de Chimie, et le biologiste Jules Hoffmann qui vient d’obtenir le prix Nobel de Médecine 2011.

Associée à l'Académie des sciences, la fondation "a pour objectif d'aider à développer des analyses et de proposer des solutions concernant les questions qui se posent dans les relations entre l'Homme et son environnement", précise Claude Allègre dans un édito publié sur le site de la fondation.

"A une époque où l’écologie est trop souvent synonyme de vision catastrophiste et perçue comme un frein à la croissance économique, voire une incitation à la décroissance, il nous a semblé important de créer un lieu de réflexion, de débat et d’innovation fondé sur la science, le savoir et la confiance dans le progrès, ouvert aux acteurs de la recherche académique et du monde de l’entreprise, explique Claude Allègre.

En revanche, l’accord avec l’Institut de France interdit à la fondation Ecologie d’Avenir toute évocation des questions climatiques…